Je suis certains de vos mouvements tout en étant consciente de votre ridicule profond.
J'ai commencé une nouvelle vie.
Quand j'ai lu l'article sur ma classe, j'ai rigolé. Comme si j'étais tombé dans une bonne classe. Il y a un tas de gens bien mais le peu de merdes gâche tout. Me gâche le plaisir de ma dernière année. J'aimerais bien leur trouver des surnoms débiles à crier partout, moi aussi. Mais avec moi, la provocation, ça passe pas. J'y arrive pas.
Mon moral a atteint un niveau considérablement bas. Etat dépressif important, mais je resiste. Pourquoi cederais-je ? Je suis une sado-maso dans l'âme, moi. Une resistante dans le coeur !
Notre société capitaliste grouille d'américonneries, d'humanoconneries. Moi, je veux de la poésie, de la révolte et de l'anti-conformisme !
Ce sentiment flou de différence, cette certitude que les élans qui la poussaient vers ses professeurs femmes et sa cousine étaient plus vrais que les béguins des autres filles. Les siens englobaient un désir qui dépassait la simple douceur et l'attention; ça nourrissait une envie qui s'épanouissait en un désir jeune et vert, comme un crocus dont les doux pétales s'ouvraient en une adolescente difficile. Ainsi qu'elle l'écrivait dans son journal, ce n'était pas tant un désir de relations sexuelles avec des femmes qu'elle éprouvait, mais plutôt le désir de disparaître en elles à tout jamais. Pour se cacher.
Alice Sebold
La nostalgie de l'ange